Connaissez-vous … Pierre Alechinsky et ses palimpsestes ?

«Mettons que je suis un peintre du dimanche, avec beaucoup de dimanches dans la semaine».  P. A.

Né à Bruxelles (Saint-Gilles) le 19 octobre 1927, fils unique de parents médecins dont le père est russe avec des origines juives et la mère est d’origine wallonne, Alechinsky fréquente d’abord l’école Decroly où on le contrarie alors qu’il est gaucher. Il est droitier pour l’écriture et gaucher pour le dessin !

Ensuite de 1944 à 1948, il étudie l’illustration du livre, la typographie, les techniques de l’imprimerie et la photographie à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture et des Arts Visuels (La Cambre) à Bruxelles. C’est à cette période qu’il découvre l’œuvre d’Henri Michaux, de Jean Dubuffet et des surréalistes.

Il est l’un des membres fondateurs, avec le poète Christian Dotremont, du groupe Cobra. «CoBrA» : Co pour Copenhague, Br pour Bruxelles, A pour Amsterdam du nom des villes de résidence de la plupart des membres créateurs.

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Pendant la brève existence de ce groupe d’avant-garde artistique, il s’y implique très fortement. Il organise des expositions, comme la deuxième Exposition Internationale d’Art Expérimental Cobra au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles en 1951.

Le rôle capital que joue pour lui le mouvement Cobra tient autant aux personnes qu’aux idées défendues : spontanéité sans frein dans l’art, d’où rejet de l’abstraction pure et du « réalisme socialiste », refus de la spécialisation.

Pierre Alechinsky devient très rapidement l’un des acteurs majeurs du monde artistique belge de l’après-guerre.

Ensuite, après la dissolution du groupe Cobra (en 1951), il s’installe à Paris, et là, il complète sa formation de graveur et s’initie à de nouvelles techniques.

En 1954, il fait la connaissance du peintre chinois Walasse Ting, qui aura une grande influence dans l’évolution de son œuvre ainsi qu’avec le calligraphe japonais Shiryu Morita de Kyoto.

Sa première grande exposition est organisée en 1955 au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. En 1958, l’ Institute of Contemporary Arts de Londres accueille ses œuvres (Alechinsky : encres). En 1960, lors de la 30e Biennale de Venise, il expose au pavillon belge.

Progressivement, il abandonne l’huile pour des matériaux plus rapides et plus souples comme l’encre, ce qui lui permet de donner libre cours à un style fluide et sensible.

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Soutenu par la Galerie de France,  il effectue, à partir des années 1960, de fréquents séjours à New York, où il découvre en 1965 une technique qui lui conviendra bien, la peinture acrylique,  à laquelle l’initie Walasse Ting.

Cette même année, il crée son œuvre la plus célèbre « Central Park », avec laquelle il inaugure la peinture «à remarques marginales», inspirée de la bande dessinée, où l’image centrale est entourée, sur les quatre côtés, d’une série de vignettes destinées à compléter le sens du tableau. L’interaction entre les deux zones est à la fois énigmatique et fascinante.

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En 1988, il installe un atelier en Provence.

Parmi toutes ses œuvres, dans des techniques différentes, il a réalisé en collaboration avec la Manufacture de Porcelaine de Sèvres,  des décors pour un service de table.

En 2000 a lieu l’exposition « 50 ans d’imprimerie », rétrospective au Centre de la Gravure et de l’Image imprimée, à La Louvière.

En avril 2006, il est nommé chevalier de la Légion d’Honneur en France.

De décembre 2007 à mars 2008, à l’occasion des 80 ans d’Alechinsky, les Musées Royaux des Beaux-Arts de Bruxelles lui rendent hommage à travers une exposition rétrospective de l’ensemble de sa carrière.

Tout au long de sa vie, Pierre Alechinsky aime le papier. Il en récupère de tous types même usagés, des documents, des ordonnances médicales, des cartes géographiques… qu’il détourne de leur usage initial pour les intégrer, avec une grande liberté, dans ses propres créations, notamment dans ses palimpsestes (parchemin dont on a effacé la première écriture pour pouvoir écrire un nouveau texte).

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« Si je me suis intéressé à ce point aux documents anciens, c’était avant tout pour trouver un bon papier sur lequel dessiner ou imprimer une estampe, mais lorsqu’on fait des recherches de vieux papiers, sont souvent proposés des livres en partie vierges et dont les premières pages ont été utilisées. On découvre des écritures du XVIIe, du XVIIIe : je me suis passionné pour ces vieilles écritures… » P. A.

En 2017, à la veille de ses nonante ans, Le Centre de la Gravure et de l’Image imprimée de La Louvière lui consacre une belle exposition reprenant tous les types de  ses « palimpsestes »

Pour Alechinsky «L’art de dessiner n’est pas le moins du monde une récréation ou un délassement, c’est une empreinte magique sur la surface envoûtante du papier. »

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