Découverte insolite : Les soins de santé à l’époque napoléonienne.

Le 25 mai dernier, l’Hôpital Notre-Dame à la Rose de Lessines accueillait un groupe de passionnés de l’Epoque Napoléonienne, « L’Ambulance 1809 », spécialisés dans les soins de santé de cette époque.

Un voyage dans la vie des armées napoléoniennes était proposé en divers endroits de ce magnifique bâtiment, une véritable reconstitution historique vivante et documentée grâce à cette troupe de bénévoles qui partagent leur enthousiasme avec les visiteurs.

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Dès l’arrivée dans la cour d’entrée, le ton est donné. Deux militaires en costumes accueillent les conscrits. Un document très détaillé est complété avec toutes les caractéristiques de la personne. La moindre cicatrice ou tout autre signe distinctif permettant une identification aisée sur les champs de bataille y sont repris.

Pendant ce temps, dans l’enceinte fleurie de l’Hôpital, quelques hommes ayant revêtu différents uniformes (spécifiques à chaque corps d’armée) font de l’exercice non loin du bivouac.

 

La découverte se prolonge dans la très belle chapelle, par la projection du film « Waterloo, l’ultime bataille » de Hugues Lanneau dont les scènes ont été fidèlement reconstituées et tournées dans les lieux réels de cette bataille mémorable.

IMG_0407Pour cette occasion, un hôpital de campagne a été reproduit dans la ferme d’Hougoumont proche de Waterloo. Par contre, en 1815, d’autres blessés ont été soignés à l’Hôpital Notre-Dame à la Rose, toujours en service au 19ème siècle, tout comme au 20ème d’ailleurs.

Le 18 juin 1815 fut un moment inoubliable. Après 23 ans de guerre en Europe, Napoléon fait face à la puissance combinée de l’Angleterre, la Hollande et la Prusse. En 22 heures, la bataille fut terminée.

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La stratégie de Napoléon était de diviser les forces prussiennes et anglaises pour les battre séparément. Mais la configuration géographique de la Belgique (terrain plutôt plat) a permis rapidement aux Prussiens et aux Anglais de se porter mutuellement secours.

Les armées étaient nombreuses et diverses (anglaise, néerlandaise, prussienne et française) et rassemblaient environ 300.000 hommes. A la fin de cette campagne, plus de 30 % des effectifs étaient mis hors de combat ; sur le champ de bataille, près de 60.000 hommes gisent sur le sol, tués ou blessés. Certains y resteront jusqu’au 21 juin en attendant des secours débordés ou les pilleurs de morts. Charognards des champs de bataille, ils achèvent blessés et mourants pour dérober les armes, les uniformes ou le peu d’objets de valeur que détiennent ces braves notamment leur boucle d’oreille représentant leur fortune et leur permettant d’obtenir nourriture et soins.

 

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Les blessures les plus rencontrées sont celles causées par les balles, par des coups de sabre, par des coups de boulet, par baïonnette, par la mitraille, par des éclats d’obus, par des lances. Sans oublier les multiples fractures.

Les blessés étaient transportés dans les divers hôpitaux de campagne puis dans les églises, dans les fermes, dans les châteaux, etc. où ils étaient pris en charge par des médecins et des infirmiers à l’uniforme bien spécifique. Pour le transport, divers moyens étaient disponibles, soit des brancards qui se dépliaient, soit les fusils croisés sur lesquels les blessés s’asseyaient et prenaient appui sur les épaules des « porteurs ».

 

Les interventions des chirurgiens étaient variées et souvent sanguinolentes. Elles consistent le plus souvent en extractions de balles avec sonde ou tire balle, sutures ou cautérisations de plaies, amputations, trépanations et réductions de fractures.

Les instruments disponibles sont encore proches de ceux du Moyen-Age (article sur cette chirurgie paru en juillet dernier) à l’exception d’un « retrousse chair » contemporain de Napoléon, inventé pour faciliter les amputations.

 

Ces interventions étaient généralement réalisées sans anesthésie. Le laudanum (dérivé de l’opium) rare était réservé aux officiers supérieurs et l’alcool, souvent utilisé après l’opération, étant un vasodilatateur était également limité. L’anesthésie au gaz existait mais n’était utilisée que pour faire rire lors des fêtes mondaines !
s-l1600Pour éviter des cris, le blessé serrait dans les dents un morceau de bois ou de cuir. Parfois, le soldat gardait en bouche son « brûle gueule » (pipe). Souvent en terre cuite, elle se brisait en tombant lors de l’opération. D’où l’expression bien connue : « se casser la pipe ».

Le crin de cheval servait de fil de suture. Or cette substance était porteuse du tétanos, chose inconnue à l’époque. Inutile de préciser que beaucoup de blessés même soignés mouraient d’infections ou de gangrène dans d’atroces souffrances.

Dans la magnifique pharmacie, un coffre contenant toute la pharmacopée militaire est exposé à la vue. Un campement, du matériel et d’autres démonstrations se découvrent deçà delà au gré de la visite.

 

Si le cœur vous en dit, une animation identique aura lieu au même endroit le dimanche 28 juillet prochain à 14h. De nombreuses autres activités se déroulent tout au long de l’année dans cet écrin du Moyen-Age. Pour toute information complémentaire, un site bien fourni est à consulter sur un simple clic.

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Pour aller plus loin :

un livre qui reprend toutes les recherches liées aux soins de santé de la Révolution à l’Empire.

« L’Histoire et le service de santé. De la Révolution à l’Empire. », Rudy Meylemans, Ed. Edilivre, 2015, 212 pages.

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