Quelques explications à propos… des musiques de Carnaval (2ème partie).

 

Il y a peu, nous vous avons présenté un article sur les musiques de Carnaval de Québec et de Rio. Nous allons poursuivre notre périple en complétant l’ambiance musicale de Rio et en décrivant celle de Dunkerque. Un troisième article qui paraitra le 31 mars, terminera ce cycle en apothéose, par les musiques des carnavals de la région du Centre, dont celui de Binche sans omettre ceux des environs.

Carnaval de Rio (suite).

b11a1f1af76b30eb2a4fe20ffae09ba1Les styles musicaux que l’on entend à Rio viennent de tout le Brésil. Si vous voulez vous immerger dans l’ambiance, il suffit d’écouter les différents airs disponibles sur le Net.

Il y a des musiques typiques « cariocas » qui, comme les sambas des écoles, nécessitent d’immenses orchestres de percussions.

  • D’un côté, il y a le samba-enredo, joué lors du défilé du carnaval pendant lequel les différentes écoles entrent en compétition. La musique est bruyante et les rythmes endiablés sont joués sur divers tambours.
  • De l’autre, il y a le samba-cançao, plus doux et chanté, joué sur la guitare et les percussions. Il prend diverses déclinaisons au cours des années : samba soul, samba funk, samba rock… Aujourd’hui encore, il est omniprésent dans le monde musical brésilien, inspirant de nombreux artistes.
  • Les chansons des rodas de samba mêlent voix, cavaquinho, petites percussions et danses.
  • La bossa-nova, ce cool jazz chanté aux accents de samba.
  • Le choro et le chorinho, des genres instrumentaux savants avec le swing de samba.
  • Les marchinhas, des chansons et des airs interprétés par des « bandas » de cuivres et de vents qui défilent pendant le carnaval.
  • Le funk, un genre musical proche du hip-hop et du rap.

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Les traditions et les créations musicales à Rio en font une ville vibrante qui attire de nombreux musiciens et mélomanes de tous horizons avec son répertoire musical diversifié et vivant.

 

 

 

Carnaval de Dunkerque.

A Dunkerque, tout commence et tout se termine par des chansons, les temps forts du carnaval étant les « bandes » et les « bals ». Petite information : la bande est une déambulation dans la ville alors que le bal est une déambulation dans un endroit fermé.

Les Bandes :

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Elles constituent un immense défilé dans lequel les « carnavaleux » (les masques) disposés en lignes successives se tiennent par les coudes et chantent des airs traditionnels. Devant les carnavaleux, un « tambour-major » dirige et conduit les musiciens (la click) munis de fifres et de tambours. Ce personnage, en habit napoléonien, est chargé de faire respecter les traditions. C’est lui qui donne le signal des « chahuts » aux gros bras du cortège qui provoquent des changements de rythme, amenant des mêlées viriles mais correctes. Pendant cette danse particulière, tout le monde avance en cercle sur les chansons paillardes locales accompagnées par l’orchestre.

Chaque Bande a ses traditions, son rituel, son organisation, son déroulement, son quartier, ses chansons. La tradition est si forte que le défilé des bandes reste codifié.
Chacun peut participer, mais une règle d’or s’impose : il faut jouer le jeu et être au minimum grimé, masqué ou déguisé. Mettre son “clet’che » (costume) est obligatoire car l’anonymat est de rigueur. Tout le monde porte des masques et des déguisements ainsi que du maquillage et du grimage.

bait-2026318_1280C’est sous le signe des traditions de la pêche que le carnaval est placé. Son origine remonte au XVIIe siècle, lorsque les armateurs offraient aux marins une fête (la « Foye ») ou un repas avant leur départ pour six mois de pêche en Islande. Avec le temps, il y a eu fusion avec les réjouissances du moyen âge et du Mardi Gras. Cela explique que c’est la «Visscherbende» – «bande des pêcheurs» en flamand – qui mène les festivités du dimanche. Ces derniers, musiciens vêtus du ciré jaune et du suroît des pêcheurs, défilent derrière le tambour-major et sont suivis par la foule compacte et colorée des masques dansant, chantant et chahutant en brandissant des parapluies ou « berguenaeres » au bout de longs manches.

À un signal du Tambour-Major, les cuivres entament avec force un air entraînant que tout le monde chante à pleins poumons en s’agitant sur place. La pression augmente considérablement, contenue par les «piliers de bande» se tenant bras dessus-dessous et qui ont encore assez d’énergie pour lever très haut la jambe. Mais cela ne dure pas trop longtemps : il faut garder des forces pour le chahut final ! Le tambour-major le sait bien et un nouveau geste de la canne donne le signal de l’enchaînement aux fifres qui reprennent « Roule, ta bosse ». Tout le monde se remet en marche, les lignes se reforment.

soupe-a-l-oignon-gratinee(1)Le joyeux désordre se poursuit dans les bars et les appartements privés : ce sont les fameuses « chapelles », haltes chez des amis d’amis qui pourvoient en bière ou en soupe à l’oignon, avant d’entonner de nouveau les chansons traditionnelles ou paillardes.

 

Les bals :

Le soir venu, place aux nombreux bals organisés dans des salles de la ville, où l’on mange, danse et chante ! Soit les chants sont traditionnels (« On est heureux », « Wiche, wiche « ou «la cabaretière fais-nous crédit »), soit l’ambiance est plus pop/rock en mode années 80. On dirait une cohue géante, et pourtant, le carnaval de Dunkerque est très bien organisé. Chacun connaît sa place et son rôle dans la bande.

156_JCUbK_carnaval-de-dunkerque-le-bal-des-enfants_x240-K9MVers 19h, la bande débouche sur la place Jean Bart I pour le «rigodon final». Avant, Il y a les « rigodons» ou bals autour de kiosques à musique où l’on tournoie furieusement, rejetant à la périphérie les plus fatigués. Les musiciens sont juchés sur un podium et tous les airs du carnaval y passent plutôt deux fois qu’une !
Mais l’instant le plus poignant est certainement celui où la musique entame la «Cantate à Jean Bart»; tous les masques tombent à genoux, se donnent la main et lèvent les bras au ciel. Tandis que les parapluies, tenus très haut, marquent la mesure, tous chantent, les larmes au bord des yeux…

« Lorsque l’on fait carnaval à Dunkerque, mieux vaut connaitre par cœur les chants entonnés par les carnavaleux ! D’une part pour ne pas passer pour un “touriste” et d’autre part, pour s’éclater un maximum ! » A bon entendeur, salut !

carnaval de dunkerque

Toutefois, si vous souhaitez vous imprégner de l’ambiance de ce carnaval haut en couleurs, une exposition est en cours au Musée International du Carnaval et du Masque à Binche et ce, jusqu’au 26 mai prochain. Elle retrace  l’historique de ces festivités et vous en dévoile tous les secrets. Elle a été  précédée, le 28 avril 2018,  par le défilé d’une cinquantaine  de carnavaleux dunkerquois qui ont déambulé dans les rues de la cité du Gille pour le plus grand plaisir des Binchois, amoureux du folklore et de la fête en général.

 

La suite à ne pas manquer le 31 mars prochain.

Merci à Joëlle pour la rédaction de cet article.

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