Quelques explications à propos… des Femmes et du Carnaval.

A l’occasion de la Journée Internationale de la Femme (8 mars) qui se déroule en pleine période carnavalesque, nous avons choisi de mettre nos consœurs à l’honneur dans ce contexte festif.

Pour vous donner un aperçu de la place qu’elles occupent en ces moments particuliers, nous avons  interrogé Joanie Foucart qui fait partie des Dames de Bouvy. Dans cette interview, elle nous parle de sa passion et de cette société particulière à La Louvière.

Le K : Peux-tu présenter succinctement l’origine de cette société et depuis quand  tu en fais partie ?

JF : Les dames de Bouvy ont été créées en 1967. Beaucoup d’entre elles étaient des femmes de gille désireuses de passer des bons moments ensemble. Depuis les présidences se sont succédées et nous sommes, à l’heure actuelle, la seule société féminine de La Louvière. Personnellement, Le Laetare 2019 sera mon 22ième carnaval au sein des dames.

Le K : Comment  en es-tu venue à participer au carnaval ?

JF : Ma famille est très engagée dans le carnaval louviérois. Mon père et mes frères jouent du tambour pour une autre société, 3 de mes cousins font les gilles et 4 de mes cousines sont dans les Dames. J’ai donc très vite eu envie de faire partie de la société. Nous ne sommes pas nombreuses et donc, des liens se sont très vite créés. Je n’envisage pas mon carnaval autrement.

damesbouvy3

Le K : Est-ce que tu t’occupes aussi d’un gille ? Et comment participes-tu au carnaval à la fois? Si ce n’est pas le cas, y a-t-il cette situation chez vous ?

JF : Non, je ne m’occupe pas de gille. Pour le moment, nous n’avons pas de dame qui doit gérer un gille mais il y en a déjà eu. En général, quand le cas arrive, la dame demande à la couturière de lui faire une bourse un peu plus grande pour pouvoir porter tout ce dont un gille a besoin pour être présentable. Pour les horaires, nous suivons la plupart du temps nos gilles car nous ne sommes pas une société indépendante. Du coup, la dame qui se charge d’un gille est derrière la société et est présente quand celui-ci en a besoin.

Le K : Quel est ton moment préféré du carnaval ? En ce qui concerne le gille, c’est souvent le ramassage qui se déroule le dimanche matin mais les dames ne sortant pas à l’aube, comment faites-vous ?

damesbouvyJF : Nous sortons à l’aube ! Nous faisons le ramassage de notre côté et rejoignons nos gilles dans le centre lorsque ceux-ci se rassemblent. Ce ramassage est, en effet, un de mes moments préférés avec le rondeau du dimanche, la fin du cortège du lundi, le brûlage des bosses et la bande de nuit du mardi.

 

Le K : Comment décide-t-on des couleurs qui seront portées ?

JF : Les tissus et modèles sont choisis par les membres de la présidence. Nous ne les découvrons que lorsque nous allons faire notre premier essayage. Et, bien entendu, nous les gardons secrètes jusqu’au dimanche matin. Avec le temps, c’est devenu un jeu avec nos proches, ils essaient de nous soutirer des informations ou des indices que nous gardons bien pour nous !

Le K : Comment participez-vous aux frais de la société (batterie et musique)?

JF : Chaque année, nous payons une mise à la société pour les frais de batterie et de musique.

Le K : Y a-t-il une relève chez les petites filles ?

JF : Moins qu’on ne pourrait le penser, ce qui est bien triste d’ailleurs. Les enfants sont souvent les filles de personnes étant déjà dans la société. Parfois, il nous arrive une petite car les parents sont venus nous voir pendant le carnaval pour demander les renseignements. Pour nous, «les anciennes», on a commencé « enfants » et on est toujours là, bien présentes.

Le K : Connais-tu les Ladies de Binche ?

JF : Oui, j’en ai déjà entendu parler. J’ai beaucoup aimé l’idée de ce groupe ! Je vois le carnaval de Binche comme une institution un peu figée et je suis très contente de voir que les femmes prennent leur place ! Bravo à elles !!!

damesbouvy1

Puisque les Ladies Binchoises sont évoquées dans l’interview, voici son historique raconté par Joëlle, créatrice et présidente de cette société.

C’est lors du carnaval de 2017, que ma belle-sœur et moi-même, très heureuses de suivre les « Chics Types », société d’hommes sortant le lundi à la viole, avons eu l’idée de créer une société de femmes exclusivement. C’est ainsi que l’an dernier, les Ladies Binchoises ont vu le jour.

Si au départ, nous n’étions que 4, c’est à 30 que nous avons démarré du Musée du Masque, ce lundi gras dès 13h30, pour arpenter jusqu’à 18h, les rues de la ville au son de la viole.

DSC08250[9796]A Binche, comme le Carnaval a été reconnu comme Patrimoine Immatériel par l’Unesco en 2003, on ne badine pas avec le folklore. C’est la raison pour laquelle la création de notre société a entraîné une petite révolution. Cependant, comme l’implication féminine est une condition de reconnaissance par l’Unesco, notre société a été acceptée tant bien que mal et sera d’ailleurs l’unique groupe féminin à faire partie du carnaval dans l’entité. C’est malgré tout, le signe d’une certaine évolution de ce Carnaval si connu.

Comme toute société carnavalesque, nous disposons d’un règlement intérieur conforme à la demande de l’ADL (Association de Défense du Lundi Gras).

  • Pour être membre, il faut être Binchoise (née à Binche ou vivre à Binche ou dans l’entité binchoise).
  • Les jeunes filles sont acceptées à partir de 10 ans pour autant qu’un membre de sa famille soit une « Ladies ».
  • Le costume doit être respecté et qui doit être porté exclusivement le lundi gras à Binche lors de la sortie de la société. Il ne peut être vendu.
  • Une « charte » de bonne conduite, remise à chaque membre, se doit d’être appliquée de manière respectueuse.

Cependant, le but premier et principal du groupe est de s’amuser entre copines, de danser au son de la viole sur les pavés de Binche, de participer au folklore binchois dans une ambiance « bon enfant ». Et cela, c’est un pur bonheur !

sans-titreFEMME DU GILLECependant, outre ces femmes qui participent pleinement au carnaval, d’autres œuvrent dans l’ombre et leur présence s’avère indispensable dans ces moments festifs : ce sont les « femmes de gilles ». Qu’elles soient mères, sœurs, filles, tantes ou compagnes de gilles, elles s’activent durant toute cette période pour que « leur gille » soit le plus beau.

Un hommage leur a été rendu il y a peu par Anthony Malagoli, ancien gille, photographe et amoureux du folklore, au travers d’un beau livre illustré d’une trentaine de photographies, faisant enfin passer ces personnes trop discrètes de l’ombre à la lumière. Certaines d’entre-elles sortent également, coiffées d’un joli chapeau délicatement décoré,  pour profiter à leur manière du carnaval et leur enthousiasme fait plaisir à voir !

Merci à Joanie et à Joëlle. Bravo aux Dames de Bouvy, aux Ladies, aux femmes de gilles et à toutes celles qui « carnavalisent » !!!

 

 

 

Une réflexion au sujet de « Quelques explications à propos… des Femmes et du Carnaval. »

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s