Quelques explications à propos…des rites du carnaval (1).

Maintenant que nous connaissons l’origine, la signification, le calcul des dates et l’histoire du Carnaval, nous allons tenter de vous décrire l’origine des rites et des coutumes qui rythment ces jours gras. 

Première certitude :
Depuis l’Antiquité et peut-être même depuis la préhistoire, des hommes et des femmes ont l’habitude de porter des masques et de se déguiser à certaines occasions. Ces fêtes pouvaient marquer le passage d’une année à l’autre ou encore le changement de saison, la fin de la moisson, le décès d’une personne importante … Et ce, à divers endroits de notre planète.

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Au-delà de cette première explication :
Certains, selon leurs croyances religieuses, accorderont de l’importance à l’arrivée du Carême. Pour d’autres, par contre, le carnaval marque doucement la fin de l’hiver et le retour des beaux jours.

Mais ce qui est véridique  depuis la nuit des temps et encore aujourd’hui :

Faire le carnaval, par ici et par là, c’est l’occasion de rassembler le plus souvent des personnes, qui ne se connaissent pas nécessairement, dans le but de faire la fête.  Les réjouissances sont populaires et urbaines; on danse, on rit, on chante dans les rues.

C’est un moment hors du temps où tout (ou presque) est permis. Les conventions les règles morales et sociales sont modifiées, bousculées et oubliées ! Les contraintes quotidiennes sont noyées dans le bruit et la musique.

Tout le monde est mélangé, tous les milieux se côtoient : ingénieurs, architectes, assistants sociaux, ouvriers, chômeurs, … On ne parle pas du boulot, ni de ce qui ne va pas. On est là pour rigoler, tous déguisés, en compagnie de musiciens.

A titre personnel, c’est un moment dans l’année où je revois tout le monde, tous ceux que j’aime. J’ai des amis qui viennent de loin, qui logent à la maison. Et puis, il y a l’autre coté lié à l’excès, c’est un moment de fête intense où l’on peut se permettre, pendant quelques jours, de faire n’importe quoi, mais dans le respect de soi-même et de l’autre.

La célébration du Carnaval est traditionnellement marquée par des bals masqués, des cortèges costumés et des défilés de chars dans les rues. TOUS SEMBLABLES ET POURTANT SI DIFFERENTS !

TOUS SEMBLABLES, car cette fête est célébrée de manière relativement uniforme dans le monde entier, en suivant des thèmes et motifs communs :

Le carnaval participe au rythme du temps.

Comme annoncé dans l’article précédent, le carnaval commence traditionnellement le jour de l’Épiphanie, date fixe du 6 janvier, et se termine le Mardi Gras, date changeante, la veille du Mercredi des Cendres, premier jour du Carême.

Il existe plusieurs modes de calculs pour déterminer la date de Mardi Gras :

  • Le premier étant la référence à Pâques comme décrite dans l’article sus- nommé.
  • Le deuxième est plutôt issu d’une croyance populaire qui fait de l’ours un référent cosmique.
    Une croyance européenne affirme que l’ours sort le 2 février à la Chandeleur. Selon le temps qu’il fait ou le cours de la lune, il décide de la prolongation de l’hiver ou de l’arrivée du printemps, et met alors fin à son hibernation. En corrélation avec le dicton : « À la Chandeleur, l’hiver prend fin ou prend vigueur. »

brown-bear-3152944_960_720Le premier pet de l’ours, lorsqu’il se réveille de son hibernation, est considéré comme le souffle du printemps et les festivités carnavalesques peuvent ainsi débuter .

« A la chandeleur, l’ours Martin est sorti de sa caverne et a libéré les âmes des morts de l’année passée en même temps que ses vents, de pets et de rots, qui ont ravivé Dame Nature ; voici poindre les bourgeons et il donc grand temps de fêter carnaval. »

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L’ours, animal velu, représente la force vitale comme le bouc ou le taureau ; ils sont liés à la vie et à la fécondité féminine, ainsi qu’à l’espoir de voir la fin de l’hiver.

Le « jeu de l’ours », mimé dans certains carnavals, évoque le réveil printanier; l’animal court après les filles, il est capturé et abattu, mais ressuscite et danse.

 

goldfish-30837_960_720Petite anecdote supplémentaire : Le Carnaval marque la fin de l’hiver et de la «vieille année», l’année nouvelle étant fixée au 1er avril jusqu’en 1564.
Cette date tombait alors pendant le Carême, mais quels sont les liens avec le poisson ainsi qu’avec les farces traditionnelles?

Le poisson était la seule nourriture permise, mais comme le jeûne était plutôt pesant, on se moquait du poisson pour montrer qu’on en avait assez d’en manger.

On trouve souvent le poisson dans les déguisements et les défilés du Carnaval, c’était et c’est encore, une façon de se moquer aussi des autorités. Il avait aussi une connotation érotique et licencieuse, il est symbole de prospérité, de vie, de fécondité, en raison du nombre de ses œufs.

Le poisson d’avril est en quelque sorte un messager d’amour mais également le symbole de l’esprit un peu rebelle et un brin ironique qui caractérise la plupart des hommes. 

Au Carnaval, rien ne se fait sans raison : les rites et masques se chargent d’une signification dont les symboles sont très divers.

Les masques et les déguisements.

Le carnaval est surtout le temps de la mascarade.  Si jadis, les masques, les maquillages et les tatouages étaient surtout employés à des fins magiques ou religieuses, ils permettaient et permettent toujours de ne pas être reconnu, mais aussi de mettre tout le monde (hommes, femmes, enfants, adultes, riches et pauvres) sur un même pied d’égalité.

Quelles sont les significations de ces masques et déguisements ?

  • Porter un tel accessoire permettait de ne pas être reconnu : dans certaines fêtes, c’est donc l’occasion d’échanger, brièvement, les rôles entre les hommes et les femmes, entre les pauvres et les riches. Ils assurent l’anonymat de l’individu qui se fond dans le groupe et légitime ainsi ses actions.
    Les déguisements marquent également une rupture avec le quotidien. En adoptant un masque, l’homme entre dans un nouveau rôle et son comportement change.
  • Les masques représentant des animaux ou de drôles de créatures marquent également le lien entre les êtres humains et la nature.
  • Autrefois, la plupart des hommes cultivaient la terre. Ils croyaient que si les morts revenaient, les récoltes seraient meilleures. Ils croyaient aussi que dans le monde des morts, tout était l’inverse des vivants. Les gens mettaient alors un masque et un déguisement pour attirer les esprits des morts.

Pour le déguisement , l’originalité est à l’ordre du jour!
Il est permis de porter, en tant que participants et non participants, des vêtements impossibles dans d’autres fêtes : couleurs vives, plumes, paillettes !

Pour le masque, par contre, il existe aujourd’hui une réglementation pour son port en période carnavalesque !
A Binche, par exemple, le port du masque est interdit avant le 2 février. Si le jour des « Trouilles de Nouille » (festivité du lundi qui précède les jours « gras » où des masques, des déguisements envahissent la ville pour faire des « farces » aux spectateurs) tombe avant le 2 février, il est nécessaire d’avoir une dérogation communale pour arborer le masque !

Le mannequin de paille

sans-titre.pngUn mannequin, personnifiant le carnaval, est accompagné de gens masqués et déguisés formant des cortèges .
Il est mis à mort après une parodie de jugement où on lui attribue publiquement tous les maux de l’année écoulée. Lui sont reprochés sa fainéantise et sa malhonnêteté. Le plus souvent, il finit brûlé, en général le jour des Cendres ou la veille.

Le symbole du feu.

C’est l’hiver qui est condamné, le feu évoquant l’apparition de la lumière grandissante du soleil. Il permet de purifier de tous les esprits maléfiques nuisibles qui rôdent.
« Très concrètement, on promenait des torches dans les vergers contre les parasites (insectes, rongeurs, champignons) lors du premier dimanche de Carême « .

Le défilé.

carnival-319515_960_720Des cortèges ou des processions souvent gigantesques de chars décorés et de groupes de musiciens défilent ensemble lors de chaque carnaval et ce, dans bons nombres de pays différents. La décoration des chars et les déguisements permettent d’exprimer et d’affirmer toutes les formes de «différences» : sociale, politique, sexuelle même, mais toujours dans un esprit de tolérance et surtout par le biais de l’humour et de la caricature. Ces défilés sont un vrai moyen d’expression.

carnival-float-741156_960_720C’est l’occasion de présenter à tous le travail acharné de toute une année passée à imaginer, à créer, à répéter, à coudre, à fabriquer … bref,  à préparer le roi « Carnaval ».
Le cortège, qui apparait comme étant une fête du plaisir et de la spontanéité, nécessite pourtant, une préparation et une organisation longue et complexe, qui serait impossible sans le travail de bénévoles regroupés en sociétés.
Grâce à la participation financière de leurs membres, les sociétés ont un rôle économique non négligeable.

 

La musique.

music-3327192_1280Des groupes de musiciens font partie des cortèges ou des défilés. Tambours, tam-tam, trompettes, flûtes, clarinettes, etc, tous les instruments de musique font partie intégrante du folklore et la musique se doit d’être bruyante et entraînante .

Les confettis.

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Les traditionnelles batailles de confettis sont la survivance d’un antique usage qui est de répandre des graines de céréales et de riz, rites de fécondité qui subsistaient dans les cérémonies de mariage des pays latins.

 

Roi ou Reine du Carnaval.

L’élection d’une Reine, d’un Roi, d’un Prince du carnaval existe dans plusieurs régions de Belgique et dans plusieurs pays. Par exemple, en communauté germanophone, Eupen est célèbre pour son Rosenmontag présidé par un Prince Carnaval. Son char clôture le cortège. Il est le plus grand et le plus joliment décoré. Il offre à la population bonbons, gadgets, etc.

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Ici se clôture la partie consacrée à « TOUS SEMBLABLES ». Pour ce qui est de celle consacrée à « TOUS DIFFERENTS »,  il faudra attendre la parution de l’article suivant prévu pour le 27 janvier prochain. 

 

références utilisées pour la rédaction de cet article par Joëlle (Merci)

https://www.midilibre.fr/2014/02/27/montpellier-carnaval-et-mardi-gras,827963.php

https://carnaval-spc.fr/index.php/histoire/les-origines-du-carnaval