Quelques explications à propos de… l’Histoire du Carnaval.

 Origines du Carnaval.

Pendant des siècles, des fêtes masquées ont eu lieu, partout dans le monde, sans que l’on ne parle pour autant de carnaval. A l’origine, le Carnaval n’était pas une fête, mais un rituel.

Durant l’Antiquité romaine

Le carnaval dérive aussi de certaines fêtes de l’Antiquité romaine, comme la fête des Lupercales romaines et les Saturnales.

lupercalesChaque année, le 15 février, les luperques, vêtus seulement des peaux des boucs sacrifiés, couraient à travers la ville en frappant avec des lanières de peaux de boucs tous ceux qu’ils rencontraient notamment les femmes. Celles-ci ne cherchaient pas à se soustraire aux coups, parce qu’elles croyaient que cela favorisait la grossesse.
Ces Lupercales, assurant le départ d’une nouvelle année, symbolisaient l’intrusion du monde sauvage dans le monde civilisé, celle du désordre dans la vie réglée, celle du monde des morts dans celui des vivants.

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Roberto Bompiani

Les Saturnales, qui avaient lieu autour du solstice d’hiver, étaient une période de renversement total, les esclaves et leurs maîtres inversaient les rôles. Les maîtres servaient leurs esclaves, ceux -ci se coiffaient du pileus (emblème de liberté), coiffure des esclaves affranchis, et tous portaient la tunique, vêtement des pauvres. Un condamné à mort devenait roi avec tous les avantages liés à cette position, avant d’être exécuté le dernier soir.  Les institutions restaient fermées pendant trois jours, pendant lesquels la fête battait son plein au gré de cavalcades dans les rues et de banquets paillards.

Pour renier le quotidien, le « Carnaval  » permet d’outrepasser les règles morales et sociales. Grâce aux déguisements, aux masques, chacun peut oublier pour un temps la misère, la maladie, la souffrance. Chacun peut changer de condition : les hommes se déguisent en femmes, les enfants s’octroient des droits d’adultes.

Rapport conflictuel avec l’église Catholique.

Dans sa volonté de s’imposer comme seule religion, l’Eglise catholique a dans un premier temps lutté contre des pratiques qu’elle considère comme idolâtres. Puis, elle les a progressivement récupérées et intégrées aux pratiques et croyances catholiques.

Au Moyen Âge

Au Moyen Âge, une longue période de festivités s’étendait de Noël au mercredi des Cendres : fête des fous, fêtes de l’âne, fête des innocents, processions… L’époque de carnaval prend place dans ce cycle.

 

Le mot « Carnaval » n’est apparu qu’au début du Moyen Âge, avec le développement de la religion chrétienne où il s’installe parmi d’autres festivités. Né en Europe, il est propre aux peuples latins, germaniques et nordiques.
Ce n’est qu’au cours du 12ème siècle que le Carnaval devient une fête au sens propre du terme. Ses célébrations consistaient en des mascarades et déguisements, de joyeux défilés dans les rues des villes et des banquets offerts au petit peuple. Tous les débordements étaient permis, tant pour l’alcool, la viande, les épices, que pour la sexualité, contenue dans la sphère privée en temps normal.

 

À l’époque, les responsables de l’Église n’appréciaient guère ces masques et ces fêtes organisées par les habitants. Puisqu’il était impossible de supprimer cette pratique qui datait de la nuit des temps, ils l’ont en quelque sorte réglementée et limitée à un moment précis de l’année : c’est une période de réjouissances et d’abondance permise juste avant les restrictions du Carême.

Origine du mot.

thp4bb31grLe mot « Carnaval » vient de l’Italien « carnavale », qui tire son origine du mot latin « carnelevare », carne signifiant viande et levare voulant dire enlever. Cette signification «d’enlever la viande» renvoie au Carême, soit la période qui précède Pâques et durant laquelle les chrétiens évitent de manger de la viande.

Etablissement des dates du carnaval.

Au Moyen-Âge, l’Eglise christianisa le calendrier. Selon ce calendrier religieux, la période appelée « Carnaval » débute le 6 janvier, jour de l’Epiphanie (date marquant la fin des fêtes de Noël), pour s’achever le Mercredi des Cendres.

ob_4afd90_85146785-o-joyeuses-paquesIl n’a pas lieu tous les ans à la même date, le temps du Carême étant déterminé en fonction de la célébration de la fête de Pâques. C’est durant le Concile de Nicée, en l’an 325, qu’est déterminé le moyen de calcul de la date pascale : « Pâques est le dimanche qui suit le 14e jour de la Lune (pleine lune) qui atteint cet âge le 21 mars ou immédiatement après. » Ce jour étant celui de l’équinoxe correspondant au début du printemps en Europe. Selon cette définition, Pâques, influencée par la lune, « tombe » entre le 22 mars et le 25 avril de chaque année. En 2019, la première lune de printemps aura lieu le 21 janvier, donc Pâques se fêtera le dimanche 21 avril.

delivery_img01Et le carnaval? Influencé par la lune lui aussi, évidemment ! C’est mathématique : chez les catholiques, le Carême s’étale toujours sur 40 jours (sans les dimanches) ou 47 jours  au total. Il débute le mercredi des Cendres (lendemain du Mardi Gras) pour se terminer à Pâques.
Faites le calcul : 47 jours avant Pâques (soit dimanche 21 avril en 2019), cela nous mène au 5 mars,  date du Mardi Gras 2019.

Le carnaval, tel que nous le connaissons aujourd’hui était né!

Carnaval d’aujourd’hui.

batman-2478980_1280Ces fêtes, issues des rites païens, se sont perpétuées à travers le Moyen Âge et la Renaissance, jusqu’à nos jours. Cependant, le carnaval a changé au fil du temps. Certaines régions ont gardé leurs traditions, d’autres ont inventé de nouvelles coutumes. Les déguisements évoluent et le panel de « costumes » s’est considérablement élargi… Actuellement, il n’est pas rare que le féroce pirate côtoie Blanche Neige et Batman dans les rues!

Certaines villes organisent des cortèges carnavalesques avec chars, cavaliers, groupes indigènes et même parfois étrangers.

 

D’autres choisissent de ne faire honneur qu’à leurs propres groupes folkloriques.

 

De plus, les carnavals s’étendent sur une période beaucoup plus longue qu’à l’origine, allant parfois jusqu’à Pâques ou même au-delà.

cld5qkljvuixmdawzrvkymhyxus@500x500Aujourd’hui, c’est surtout le Mardi Gras, veille du Carême que l’on fête le Carnaval dans le monde car, avant ces jours de privation, il faut faire la fête une dernière fois. C’est ainsi que tous les ans, pour marquer l’opposition entre la période faste et la période d’abstinence du Carême, un personnage nommé Carnaval revient, entouré de sa troupe. En ce jour de Mardi-Gras, il instaure la règle de la richesse et de l’abondance.

 

Carnavals dans le monde.

En Europe, le temps du Carnaval est d’une grande richesse folklorique. A cette occasion, les traditions les plus anciennes et les plus étranges réapparaissent.

Le carnaval, fête populaire par excellence, s’est répandu sur toute la planète grâce à l’expansion du christianisme, bien que les significations religieuses se soient évanouies ou amoindries. Chaque région, et même chaque ville a développé des coutumes particulières.
Le carnaval est bien souvent l’occasion unique pour les différentes communautés d’une ville ou d’une région de se rencontrer dans un contexte festif et non-violent.
Important à avoir à l’esprit : tous ces carnavals, même s’ils sont nés suite au passage des Européens, ont malgré tout conservé des traditions souvent très anciennes (musiques, danses, costumes…) propres aux populations locales.

Carnavals à découvrir à l’Etranger.

Carnaval de Dunkerque (France) : Les hommes se déguisent en femmes (et inversement) et défilent au son des tambours. On lance des harengs ! Existe depuis le 18e siècle.

Carnaval de Venise (Italie) : Les costumes et surtout les masques y sont d’une grande beauté. Existe depuis le Moyen Âge.

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Carnaval de Rio (Brésil) : Les écoles de samba défilent dans les rues jusqu’au « sambodrome » où prennent place 90 000 personnes. Existe depuis le 17e siècle.

Carnaval de la Nouvelle-Orléans (États-Unis) : Pendant le défilé des chars, les spectateurs attrapent des colliers et d’autres objets qui leur sont présentés. Le tout sur fond de jazz. Existe depuis 1699.

Carnaval de Québec : Un carnaval dans le froid, avec des parades, des sculptures de glace et une course de canots sur le fleuve Saint-Laurent gelé. Existe depuis 1894.

Impossible d’énumérer tous les autres carnavals tant ils sont nombreux mais néanmoins très intéressants à voir aussi !

Carnavals de chez nous.

gilles-de-binche-1115328916_lCarnaval de Binche (Belgique) : Les Gilles représentent le Carnaval coiffés de leur chapeau avec des plumes d’autruche (s’il ne pleut pas). Ils défilent dans les rues et lancent des oranges à la foule. Existe depuis le 18e siècle, classé au Patrimoine Oral et Immatériel de l’Humanité par l’Unesco depuis 2003.

Un musée indispensable : le Musée international du carnaval et du masque, à Binche, explique les coutumes, expose costumes et attributs particuliers de la plupart des carnavals du monde.

D’autres villes et villages, notamment dans la Région du Centre, disposent de sociétés de Gilles et autres. Pour en savoir plus, nous vous invitons à découvrir les prochains articles sur ce thème qui paraîtront respectivement les 20 et 27 janvier ainsi qu’au début du mois de mars.  

Conclusion

Le Carnaval , parti d’un rituel , est devenu une fête populaire dans le monde entier. Souvent « changeant », toujours « renaissant », il est et restera toujours un événement particulier dont humanité, sociabilité et amusement sont les maîtres-mots !

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Merci à Joëlle pour la rédaction de cet article.