Santé et Bien-être… La zoothérapie.

De quoi s’agit-il?

Si les dictionnaires usuels définissent la zoothérapie comme simple « médecine vétérinaire », certains centres qui la pratiquent, en donnent une explication plus précise :

dog-2383071_1280Il s’agit d’un traitement assisté par l’animal qui repose sur le principe d’existence de liens naturels entre l’humain et l’animal. Il peut être pratiqué en individuel ou en groupe et utilise un animal sélectionné et entraîné. Le but de cette thérapie étant l’espoir d’un changement positif sur de nombreux plans : physique, psychologique, social, affectif et cognitif. 

Il s’agit donc d’un moyen pour aider une personne à surmonter ou améliorer ses problèmes personnels grâce à sa relation avec l’animal.

Historique.

Le concept n’est pas nouveau. Au 9ème siècle déjà, un centre de santé d’une petite ville belge non loin d’Anvers (Geel) a confié l’entretien d’oiseaux à des malades mentaux en convalescence.

Cependant, si au siècle de René Descartes (1596-1650), l’animal est encore considéré comme une machine dénuée de sentiments, de volonté, de pensée et de langage, il en est, heureusement, tout autrement cent ans plus tard.

histoirefolieUn Anglais, William Tuke (1732-1822), humaniste et philanthrope, outré par les conditions de vie des malades mentaux, a redéfini la santé mentale et a confié des lapins et des volailles aux pensionnaires d’un institut psychiatrique. L’animal étant devenu un stimulus, les aliénés prirent soin de leurs « protégés », et d’eux-mêmes par la même occasion.

Plus tard, Sigmund Freud (1856-1939), fondateur de la psychanalyse, a confirmé la relation particulière existant entre l’enfant et l’animal ainsi que les avantages qui y sont liés au niveau des thérapies. Selon lui, les petits s’identifient aussi bien aux « bêtes » qu’à leurs peluches. Comme à ce moment, les animaux étaient essentiellement considérés pour leur valeur utilitaire (chien de garde de la propriété et chat chasseur de souris), les « petites têtes blondes de tous les pays »  disposaient plutôt d’une peluche comme confident, ce qui se perpétue encore actuellement.

Enfin, c’est Boris Levinson, pédopsychiatre américain, qui, dans les années 1950, a développé ce procédé qui utilise l’animal familier dans le traitement des désordres psychologiques et qui porte actuellement le nom de « Zoothérapie ».

young-1835731_1280Comme notre mode de vie change et que le cocooning est devenu une « valeur phare », nos comportements vis à vis de nos animaux se modifient également. L’attachement affectif se substitue peu à peu au côté utilitaire. Il est fréquent de constater que les gens, même ceux qui ne présentent aucun problème psychologique ou physique,  se rendent compte des bienfaits générés par la simple présence d’un animal de compagnie. Il est vrai que la relation « humain et animal » peut être très riche, peut aussi nous aider à aller beaucoup mieux et ce, quelques soient le sexe et l’âge des personnes. Nos petits compagnons ont un véritable don naturel, de plus en plus reconnu, de prendre soin de nous, dans toutes les sphères de notre vie.

Si le chien et le cheval ont été dans les premiers animaux à être utilisés en thérapie, dans le domaine psychologique, tout comme auprès de personnes atteintes d’un « handicap moteur », d’autres sont venus les rejoindre.

En effet, il n’est pas rare de rencontrer un aquarium dans les salles d’attente de certains centres de soin. La contemplation des déplacements élégants de poissons colorés réduirait le stress généré par l’attente et rendrait ainsi cette dernière plus supportable. Que dire alors de la présence de chats de plus en plus nombreux dans les foyers depuis quelques décennies?

La ronronthérapie.

q9DPYSBaAoln8kFV3k1iijl72eJkfbmt4t8yenImKBVvK0kTmF0xjctABnaLJIm9Jean-Yves Gauchet, vétérinaire français, est le père de la ronronthérapie. Il certifie depuis quelques années déjà que « le ronronnement du chat apaise et agit comme un médicament sans effet secondaire ». En effet, il produirait des vibrations sonores bienfaisantes et apaisantes semblables à celles émises par la musique. Comme le ronron émet des fréquences basses (entre 20 et 50 Hertz), l’homme les perçoit à la fois par les cellules nerveuses de la peau et par les tympans. Ce qui induit des pensées positives et des idées de bien-être à notre cerveau.

cat-323262_1280Comment est produit le ronronnement?

C’est le rétrécissement d’une veine allant du foie au diaphragme qui entraîne des vibrations liées à la pression du sang circulant dans notre petit félin.

kat-163341_1280Bienfaits du ronronnement.

  • Diminution du stress et baisse de la tension artérielle avec comme conséquence, un risque moindre de développer d’une maladie cardiovasculaire.
  • Stimulation des défenses immunitaires. Les propriétaires de chats développent moins de rhumes, de grippes et autres maladies virales ou bactériennes. Ils consomment donc mois d’antibiotiques.
  • Réduction du risque d’allergies et d’asthme chez l’enfant.
  • Effets positifs sur le moral car ils nous calment et nous apaisent en induisant la montée du taux d’endorphine (hormone du plaisir) et de sérotonine (hormone du bonheur) dans nos organismes.
  • Amélioration de la vie sociale via des contacts privilégiés avec d’autres propriétaires de chats, avec les voisins, avec les amis, etc.
  • Diminution du risque de dépression.
  • Amélioration de la vie sportive car le chat transmet son énergie et induit la pratique d’un sport.
  • Régulation des comportements boulimiques.
  • Accroissement de la confiance en soi.
  • Aide aux personnes malades (cf Zoothérapie).
  • Amélioration de la santé mentale des personnes âgées en maison de repos ou à domicile.
  • Etc.

zoothérapieBref, nos compagnons félins seraient la source d’un mieux-être non négligeable dans un  monde qui tourne parfois un peu trop vite pour nous. Anny Duperey, actrice, comédienne, écrivaine et photographe, écrit ce qui suit dans le très beau livre « Les chats de hasard », et prouve ainsi que nous pouvons TOUS tirer bénéfice de la présence d’un chat : « Parfois le ronronnement du chat, sa vibration passant directement de sa poitrine à la vôtre, accentue encore cette impression que quelque chose se dénoue, se détend et s’ouvre. Puis cela se stabilise, on respire vraiment différemment à l’unisson du chat, et le corps et l’esprit s’en trouvent apaisés , réconfortés. » 

Les multiples qualités de ces adorables boules de poils en font des compagnons très appréciés et expliquent sans doute le succès des « bars à chats » ou « Neko Cafés ».

Bars à Chats.

Le plus ancien bar à chats au monde s’est ouvert à Taiwan (Chine) en 1998. Très rapidement, les Japonais ont suivi le mouvement et le  premier « Neko Café » (Neko = chat en japonais) est apparu en 2004. Le but d’un tel établissement était de permettre aux Japonais, dont le logement assez exigu pouvait difficilement accueillir un chat et/ou dont le bail locatif interdisait la présence d’animaux, de se déstresser au contact de petits félins.

Le concept s’est répandu en Europe, après Paris en 2013 , Bruxelles a adhéré au mouvement en 2014 et depuis novembre 2018, le « Complètement Félin » s’est ouvert à La Louvière. Six chats en provenance de la SPA de La Louvière s’offrent à vos caresses pendant que vous sirotez une tasse de thé ou dégustez une autre douceur. Si vous craquez pour l’un d’eux, vous pouvez l’adopter mais en suivant une procédure bien définie car prendre un animal chez soi ne se fait pas sur un coup de tête.

cat-777931_1280Inutile de préciser que des normes particulières d’architecture (sas de sécurité, etc.) et d’hygiène (litières séparées des cuisines, etc.) sont strictes dans un tel lieu et que des règles précises de civilité sont mises en place pour respecter le bien-être de nos amis poilus, comme l’interdiction de les réveiller ou de les déranger quand ils mangent.

image1[6261]Outre cela, selon la presse quotidienne des derniers mois, plusieurs établissements bien différents les uns des autres permettent la présence d’animaux de compagnie dans leurs murs, afin de diminuer le stress des personnes qui y travaillent ou qui les fréquentent. Ces initiatives sont les preuves réelles de la prise de conscience collective des bienfaits engendrés par nos compagnons de vie. Comme par exemple :

  • « La SPA va au home » (Hôme Brichard à Charleroi), en page 7 du 7Dimanche du 23 septembre 2018.
  • « Animaux de compagnie, LES ENTREPRISES S’Y METTENT », en page 14 de la DH-Les Sports du 05 octobre 2018.
  • « UN HÔPITAL « animal admis » ( CHU Ambroise Paré), en page 13 de la DH- Les Sports du 09 octobre 2018.

Si le thème vous intéresse, outre les sites repris comme références dans cet article, de nombreux livres traitent du sujet tels :

9782100747092-001-X

 

« L’enfant et la médiation animale. Une nouvelle approche de la zoothérapie » par François Beiger, Ed Dunod, 2016, 218 p. Disponible à la bibliothèque de Morlanwelz.

978_2_7029_1130_3_DOS_185_236_1417531169« Mon chat et moi, on se soigne ! » par Jean-Yves GAUCHET, Ed. Le Courrier Du Livre, Novembre 2014, 224 pages. L’idée est que dans le couple « chat et homme » , chacun s’occupe de la santé de l’autre. L’homme veille à la logistique et à son bien-être. Le chat le rassure et l’apaise par sa seule présence.

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Grand merci à nos amis les chats pour la sérénité qu’ils nous communiquent et bonne lecture à toutes et à tous.

Ronronnez souvent, profitez-en,  ce n’est que du bonheur!