Découverte insolite… FLUIDE 2018

Depuis 2015, FLUIDE, « parcours d’arts actuels » investit la ville de Thuin et la transforme en musée à ciel ouvert. En partenariat avec le Musée BPS22 (Bâtiment Provincial Solvay n°22 à Charleroi ), le centre culturel de la cité médiévale invite chaque année des artistes d’art contemporain à exposer leurs œuvres dans des lieux emblématiques de la ville. Pour ce faire, ces peintres, sculpteurs, tailleurs de pierre… ont tout d’abord exploré les différents quartiers, écouté les histoires des habitants et pris connaissance des légendes afin de s’imprégner au mieux de l’atmosphère des lieux.

Aux treize œuvres initiales toujours en place, s’ajoutent neuf nouvelles. C’est ainsi qu’en sortant de l’office du tourisme, « Comme un gant » de John CORNU évoque les ruines de l’ancienne forteresse et qu’à deux pas, les « Gardiens du Fleuve », péniches de Daniel FAUVILLE, rappellent le passé batelier de l’entité et invitent à une rêverie au bord de l’eau.

Tout près de là, dans une charmante courette, Olivier CORNIL, avec « Entrelacs », rend hommage aux jardins suspendus dont nous avons déjà vanté le charme dans un article paru le 11 juillet dernier.

Nouvelle venue, « Armageddon » de  Lola MEOTTI occupe un espace totalement inattendu: l’église du Mont Carmel récemment désacralisée.

Une source lumineuse en perpétuelle mouvance, accompagnée de divers clichés colorés, est projetée au sol. En parallèle, une voix off nous parle du Burn out. Le tout est destiné à activer une réflexion sur la place du travailleur dans notre société, sur la distance entre le monde réel et rêvé

 

Dans la jolie rue Saint Jacques, Charlotte BEAUDRY réalise, sur le pignon légèrement grisonnant d’une maison, une fresque représentant des oiseaux en plein vol. Il s’agit de « Choucas des tours » et de merlettes, en référence au drapeau de la ville, représenté ci-dessous.

Non loin du Posty Bury, espace qui inspira Maurice des Ombiaux , le prince des conteurs wallons, une vierge en majesté décore l’église Notre-Dame du Mont Carmel. Sara Conti, l’a dessinée sous la forme d’une matriochka, enceinte, pour faire revivre l’avènement du Messie et l’a baptisée «  Messiah ».

La recherche des différentes œuvres éparpillées aux quatre coins de la cité, nous permet d’admirer le très riche patrimoine bordant des rues parfois très escarpées. C’est ainsi que nous nous arrêtons devant la plus petite maison de la ville, que nous admirons un très joli vitrail décorant une des fenêtres de l’Hôtel de Ville, que nous découvrons de jolis immeubles parfaitement restaurés.

20181018_120843[5867]

Au gré de notre promenade, apparait, adossée aux remparts, l’œuvre « Résistance » de Mostafa SAIFI RAHMOUNI. Il s’agit d’une photographie grand format qui illustre les combats menés actuellement dans le monde et fait référence aux nombreux sièges subis par Thuin dès le Moyen Age.

 

Un peu plus haut, un immense panneau publicitaire vierge en miroir superbement poli intitulé « Board of Bills » par Jonathan SULLAM, reflète la vallée et devient à son tour paysage, changeant sans cesse en fonction de la situation de celui qui le contemple. Une merveille qui fait rêver…

Plus éloignées du centre, trônent deux nouvelles réalisations plus colossales.

  • Au lieu-dit Petit Chant, face aux jardins suspendus dans lesquels le « Silverado » de 20180706_114550Jérôme COSIDERANT, blason médiéval rouge, veille sur les vignes du Clos des Zouaves, « Comme un puits de vie » de Serigne MBAYE CAMARA représente de façon stylisée, un puits d’abondance. L’eau est source de vie, aussi bien dans les jardins suspendus qu’au Sénégal, patrie de l’artiste, et jette une passerelle entre ces deux pays.

image1[5731]

  • Le long de la Sambre, à l’ancien emplacement du chantier naval fermé en 2003, l’œuvre « Spits » de Pauline DEBRICHY s’inspire des échafaudages utilisés jadis pour la construction des péniches et rappelle ainsi le riche passé naval de la ville. Elle occupe une zone actuellement déserte à la reconversion malheureusement toujours incertaine.

20181018_112305[5779]

A vous de découvrir les autres œuvres disséminées deçà et delà au hasard des rues de la ville haute et de la ville basse. Un livret bien documenté en vente au prix de 1€ à l’Office du Tourisme vous aidera à les situer et à mieux les comprendre.

20181018_113447

 

Dernier conseil, si vous manquez d’énergie, avant ou après la balade, une délicieuse bière est à déguster non loin du Beffroi : l’Impératrice. Un vrai régal !!! Alors, santé à toutes et à toutes!