Lecture d’été : sur les routes avec Marco Polo

Cet été, nous allons vous faire voyager par une série de reportages dans les différents musées et lieux dits qui jalonnent notre région, mais aussi par des voyages assis, ou allongés si vous préférez cette position, grâce à des lectures.

Première lecture estivale : Le livre des merveilles du monde de Marco Polo.

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Le livre a été dicté par l’auteur, alors qu’il était prisonnier à Gênes en 1298 (les villes de Gênes et de Venise se faisaient la guerre), à un certain Rusticien de Pise, pour le compte du sénéchal Thibault de Chepoy (seigneur au service du roi de France, Charles VI). Les raisons du livre sont données dès l’entrée : connaître les merveilles que Marco Polo a vues durant 24 ans de pérégrinations.

Marco Polo (1254-1324, Venise) faisait partie d’une famille de grands négociants. Déjà son père Niccolo, accompagné de son frère Maffeo, avait fait un premier voyage à Constantinople puis plus profondément dans les terres d’Asie. C’est à leur retour vers 1268, que Niccolo apprend le décès de son épouse et voit un fils de 15 ans, Marco. Il part avec eux. Ainsi commencent les voyages de Marco Polo.

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Au nom de Marco Polo, on pense épices, steppes, Chine, richesses. Et on aurait bien raison. Marco Polo était un fin commercial, s’il s’aventurait dans des terres lointaines, c’était aussi pour commercer et tout ce qu’il voyait l’intéressait car tout pouvait être monnayé (voir le dossier du Livre des merveilles, édition Librio).

Mais pourquoi des voyages si longs ? Et de quelles merveilles parle-t-il ?

Marco Polo a été au service du plus grand souverain de son époque, Koubilai Khan (1260-1294), durant 24 ans. Nous ne savons pas quels étaient leurs rapports, le Vénitien était-il devenu une sorte d’ambassadeur à la cour du grand Khan ? Certainement, il y avait de l’estime et du respect, c’est pourquoi Marco Polo a pu se déplacer dans ses terres, en voyageant de la Perse à Zanzibar et jusqu’au Japon.

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Le livre se compose de deux parties. La première raconte en général les voyages, les allées et venues, les dangers sur la route, la deuxième reprend chaque étape du voyage et rentre dans les détails. C’est dans cette partie que l’on peut parler de merveilles.

Je conseille les parties consacrées à la cour du grand khan (Koubilaï Khan), ainsi que celles sur Pékin, où se trouvait son palais. Les descriptions sont fabuleuses. Avec nos yeux de gens rationnels du 21ème siècle, nous percevons les enflures, mais ces portraits faisaient grande impression pour les gens de l’époque.

Les merveilles se trouvent aussi dans la description des mœurs. Celle des deux îles est savoureuse. Il s’agit de deux îles, mâle et femelle, séparées par environ 48km. Les hommes habitent sur l’île mâle, les femmes, l’île femelle. De mars à avril, les hommes vivent sur l’île femelle, le reste du temps ils repartent sur leur île et vivent de la pêche. Il semblerait qu’elles se trouvent dans la mer d’Arabie.

Livre de voyages, livre d’ethnologie avant l’heure, Marco Polo a fait découvrir aux Européens, des pays  qu’ils n’avaient jamais vus, a gouté des plats qu’ils n’avaient jamais mangés (les fameuses pâtes selon certains historiens), a parlé de peuples qu’ils ne connaissaient pas. Il a inspiré beaucoup d’autres voyageurs, et si son récit est fort remis en question, on ne peut lui retirer son goût de la découverte et de la rencontre de l’autre.

Le livre des merveilles du monde de Marco Polo, édition Librio, 2005le-livre-des-merveilles-du-monde