Si vous n’étiez pas là… débuter un potager en carré, suite et fin.

Cette deuxième et dernière séance consacrée au jardin a débuté par un rappel des conseils donnés lors de la rencontre précédente, conseils dont vous pouvez bénéficier en visionnant la vidéo ci-dessous.

 

Un exemple de plan pour disposer au mieux les carrés cultivables est également disponible ainsi que le résumé des recommandations et des précautions indispensables à suivre pour mener à bien cette entreprise.

Monsieur Wasterlain, ingénieur agronome, membre de Natagora et de Nature et Progrès, insiste sur l’importance de bien mélanger les plantations pour disposer de légumes et de fruits variés durant toute la saison, mais aussi pour éviter la transmission de maladies et de parasites dont l’irradication n’est pas toujours chose aisée. La hernie du chou, par exemple, qui déforme les racines,  entraîne un arrêt de cette culture sur la parcelle pendant 8 ans!

Il rappelle également que les plantes ont des besoins spécifiques et bien différents en fonction de la famille dont elles font partie. C’est ainsi que les « légumes feuilles » ont besoin d’Azote et de matière organique (MO) bien décomposée alors que les « légumes racines » nécessitent de la Potasse et de la chaux, mais surtout pas de MO… Les pommes de terre demandent, quant à elles, de la Potasse et de la MO, mais pas de chaux, etc…

La chaux sert à contrer l’acidification naturelle des sols suite aux pluies acides et ramène le pH des terrains traités à 6,5 ou 7. Ce produit est disponible dans les jardineries sous l’appellation de « chaux de jardin » ou de « dolomie » qui est une roche naturelle disponible dans plusieurs coins de notre pays ( Obourg, Marche-Les-Dames,…).

Les hôtels à insectes, très en vogue ces dernières années, peuvent être utiles s’ils sont bien gérés. Il est conseillé d’en placer plusieurs petits prévus pour des variétés différentes d’insectes dispersés dans le jardin, plutôt qu’un grand à casiers multiples posé à un seul endroit. Il faut veiller à ce qu’ils soient près des fleurs pour permettre le butinage. Il faut bien penser aussi que cela sert souvent de garde-manger pour les oiseaux!

Les graines actuelles sont souvent des F1, ce qui signifie qu’elles appartiennent à la première génération d’un croisement de variétés, croisement aux qualités remarquables. Cependant, si nous recueillons les graines provenant de leurs propres fruits et que nous les plantons, les résultats ne seront plus les mêmes et ne satisferont pas nos attentes. Les graines des cucurbitacées s’hybrident très facilement entre-elles. Si une courgette est placée près d’un potiron, c’est une variété mixte qui va pousser, ce qui n’est pas grave en soi… mais cela peut représenter un danger si une coloquinte  (toxique et non comestible) s’hybride avec une courgette ou un potiron destinés à la consommation… L’hybridation de tous les choux entre-eux est également très rapide et peut se réaliser même avec les semences contenues dans l’air. Il est donc conseillé de coiffer les cultures d’un voile de protection pour éviter un tel désagrément. Celui-ci parera, par la même occasion, aux attaques d’insectes et de parasites.

Certaines semences, comme celles des carottes et du persil, ne se récoltent qu’après deux ans seulement. Lorsque les graines semées ne semblent pas adaptées au terrain, il est conseillé de choisir des variétés « bio » qui sont plus proches des anciennes cultures propres à certains terroirs. Depuis quelques temps, les restaurateurs, toujours à la recherche de nouveaux goûts, reviennent à des variétés anciennes longtemps oubliées. C’est ainsi que panais, scorcionaires, topinambours (famille du tournesol) et autres ont refait leur apparition sur nos tables. Les topinambours, tout comme les chicons, contiennent de l’inuline qui donne une impression de satiété. Ils sont donc à consommer en début de repas. Les topinambours ne doivent être cuits que 15 minutes et ne peuvent pas être réchauffés. Le « cerfeuil racine » revient aussi à la mode, mais il est bien utile de savoir que si les racines se mangent, les feuilles s’avèrent toxiques.

Plusieurs petits « trucs » sont cités pour améliorer la récolte. Les graines de persil peuvent être griffées par du papier émeri aux grains fins ( 400 ou 600), puis elles seront trempées une nuit dans l’eau. Ces deux précautions permettent d’entamer la cuticule des graines et favorisent la germination. Ces mêmes graines peuvent également passer une nuit au frigo avant d’être plantées, toujours pour la même raison. Les graines de « cerfeuil racine » doivent obligatoirement passer au frigo avant le semis, voire même au congélateur. Les graines de tétragone assez grosses sont, quant à elles, à faire tremper.

Les associations de légumes cultivés sont importantes. Certaines sont favorables, d’autres extrêmement défavorables. Pour vous aider, plusieurs exemples sont cités et repertoriés.

Il est fortement recommandé de travailler UNE TERRE REPOSÉE, c’est-à-dire tranquille pendant au minimum trois semaines ou passée au rouleau. Lorsqu’on sème, il est déconseillé de mettre du terreau dans la ligne de semis car cela marque une rupture entre le terreau et la terre. Suite à cela, comme le terreau se dessèche très vite, l’humidité de la terre ne sait pas parvenir jusqu’à la graine qui a soif et qui en meurt.

Ensuite, c’est le thème du compost qui est abordé. C’est un composé très utile qui va prendre une place prépondérante dans nos vies car il permet de diminuer la quantité de déchets des ménages et il sert de substrat pour les cultures. Il est fait de déchets verts et de déchets bruns à raison de 2 parts des premiers pour une part des seconds. De nombreuses précisions concernant les ingrédients à y mettre ou à éviter sont données. Les plantes aromatiques comme le thym, la sauge ou le laurier sont à bannir car elles ont une action antiseptique qui, en trop grande quantité, stoppe la formation du compost. Les broyats sont à humidifier. L’important est d’aérer, de mélanger et de contrôler régulièrement le compostage dans lequel l’ajout d’activateurs s’avère totalement inutile. Le compost peut être utilisé après 9 mois s’il est bien équilibré, mais après deux ans seulement s’il comporte beaucoup de déchets bruns. Le test du cresson permet de déterminer si le compost est « bon ». Il ne peut pas être utilisé si les feuilles de cresson, semé dans une terre enrichie avec celui-ci, sont déformées.

 

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Le dernier chapitre abordé est celui de la prévention et des techniques de culture biologique. Plusieurs points précis sont explicités :

– obligation d’utiliser toutes les 3 semaines des éliciteurs qui favorisent la croissance, comme la serpentine, par exemple.

– obligation d’utiliser les techniques de culture appropriées (respecter les doses et les rotations, mélanger les cultures, respecter les associations, éviter les apports inappropriés, éviter de favoriser les limaces ou autres…).

– obligation de favoriser les auxiliaires.

– obligation de connaître les parasites car certains sont très utiles aux jardiniers.

Dans ce cadre, Il existe des traitements préventifs, doux (décoction de prèle ou bicarbonate de soude contre, respectivement, l’oïdium et le mildiou ou la rouille) ou plus corsés comme le soufre noir contre l’oïdium et le cuivre contre le mildiou ou la rouille. Des pièges à phéromones (hormones attrayantes), chromatiques (colorés) peuvent être utiles tout comme des lâchers d’insectes (acariens, coccinelles,…), de la terre de diatomées (contre fourmis et chenilles) et de simples pulvérisations d’eau (pucerons), peuvent aider à lutter contre les indésirables sans faire usage de pesticides évidemment.

A l’avenir, seront probablement plus fréquemment utilisés:  les huiles essentielles (depuis 2011), le propolis fourni par les abeilles, les remèdes homéopathiques et l’isotherapie (teintures-mères à partir de plantes malades).

En attendant, tentons l’expérience du compost et du potager en carré… Quelques heures de travail en perspective!

Bon courage à toutes celles et à tous ceux qui oseront se lancer dans l’aventure.

 

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