Si vous n’étiez pas là… Débuter un potager en carré.

Philippe Wasterlain, ingénieur agronome, membre de Natagora, de Nature et Progrès et très expérimenté en jardinage, commence par nous expliquer les raisons qui motivent actuellement le choix de réaliser un potager en carré.

Jadis, les jardins étaient souvent très grands, garnis en abondance. Ils produisaient souvent trop pour la maisonnée. Ce qui obligeait, pour éviter le gaspillage, de distribuer une bonne partie de la récolte excédentaire à la famille, aux amis, aux voisins, voire même aux poules.

Actuellement, les jardins sont plus exigus, voire inexistants. Le mode de vie est modifié. L’esprit « anti-gaspi » dirige nos choix. Le retour aux productions personnelles, de proximité, sans pesticides, dans le moindre recoin possible, aboutit à la création de mini-jardins, dans un espace restreint, sur des balcons, voire même parfois dans une pièce de l’appartement ou de la maison. C’est dans cette lignée que s’inscrit le potager en carré, sujet de cette conférence.

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Avant de débuter cette création, il est impératif de lister nos contraintes personnelles, à savoir: le temps réel ( hors pluie, loisirs, etc…)  dont nous disposons pour jardiner, sachant qu’un are nécessite 4 à 6 heures de jardinage par semaine; ainsi que le nombre de personnes à nourrir sachant que 40 m2  sont nécessaires pour un seul homme. Il faut donc apprendre à bien doser les quantités à planter et/ou à semer. Pour ce faire, une liste-type susceptible d’être adaptée à chacun sera disponible dans le prochain article sur le sujet résumant la séance du 18 mai.

D’autres aspects importants sont également à prendre en compte. Le premier est le choix du mode de conservation des denrées produites. Sachant que la congélation est le pire des moyens car à – 18 degrés, l’eau contenue dans les cellules givre et ses cristaux percent les parois; les vitamines hydrosolubles ainsi que les minéraux sont éliminés en jetant l’eau recueillie par décongélation…ce qui est bien dommage! De plus, il est difficile de vérifier la continuité sans faille de la chaîne du froid! De meilleurs systèmes sont la stérilisation, la conservation en silo (sable ou terre), en séchoir et l’idéal, qui ne réclame aucune énergie est la lactofermentation. Celle-ci consiste en une réserve de légumes (tous sont permis), placée dans un pot, à une température comprise entre 12 et 14 degrés, pendant six semaines. Le tout doit être recouvert de sel pour éviter le contact avec l’air et se trouver à l’écart d’une cave à vin. Ce système de conservation rend les légumes très digestes.

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Le deuxième aspect est relatif aux besoins des personnes à nourrir en sachant que si on récolte une quantité excessive d’un même légume, cela risque de dégoûter les consommateurs et ainsi d’entraîner un certain gaspillage.

Et troisièmement, il est nécessaire d’organiser son jardin pour pouvoir accéder aux plates bandes n’importe quand. Il est conseillé de réaliser une plate bande d’1m20 sur 1m20, ce qui permet d’y travailler avec un manche de brosse comme repère pour aligner au mieux les semis, plutôt qu’au cordeau. Cet espace sera orienté d’Est en Ouest et les lignes du Nord au Sud pour bénéficier d’un éclairage maximal. Autour, pour circuler aisément sans marcher dans la terre, des allées de 50 à 55 cm de largeur sont préconisées. Dans cette plate bande d’1m20, 9 carrés de 40 cm ou 16 carrés de 30 cm seront tracés et chacun pourra recevoir sa propre culture. Ces carrés peuvent également être montés à 60 cm de hauteur ou « sur table », ce qui rend ce loisir beaucoup plus agréable et moins éprouvant pour le dos.

 

Il est nécessaire également d’apporter des amendements et ce, en fonction de ce qui y sera planté ou semé. Les plantations se diversifient en cinq groupes : les légumes feuilles, racines, secs, charnus et de la terre. Si la chaux convient aux légumes racines, la matière organique -compost, fumier décomposé et non séché – convient parfaitement aux autres. De toute façon, il est recommandé d’alterner régulièrement les cultures pour éviter tout blocage dans le développement des légumes et des fruits ainsi que la prolifération de parasites comme, par exemple, la hernie du chou.

Les associations de légumes et de fruits ne sont pas sans importance non plus. Autrefois empiriques, elles ont été étudiées scientifiquement. Bien choisies, elles permettent une certaine osmose entre les différentes plantes, en améliorant la production. Cependant, certains voisinages ne peuvent être envisagés ( ex: carottes et persil) au risque de partager des maladies ou des parasites communs ( mouche de la carotte).

Riche de toutes ces données, avant de construire le potager, il est indispensable d’en faire un plan en évitant de viser la perfection… puis après avoir posé un carton sur le sol, il faut remplir les carrés avec de la terre de jardin et du terreau.

Ensuite, la conférence s’est transformée en un jeu de questions-réponses. C’est ainsi que nous en avons appris beaucoup sur les limaces, sur le compost, sur la nouvelle approche de la nature, sur le Mildiou, sur la potasse, sur les fraisiers, etc…

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Si vous souhaitez vous initier à ce type de jardinage et /ou questionner le conférencier sur les plantations, venez nous rejoindre à la bibliothèque de Morlanwelz le vendredi 18 mai de 13h à 16h. Renseignements auprès de Mme Antonella Deiana au 064/431.695

 

 

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